16/02/2008

Comptages hivernaux dans les rues parisiennes et italiennes

Mon premier article à l‘étranger….je suis spécialement heureux qu’il soit en italien ! (je m’empresse de dire qu’il a été traduit par un ami italien…..)

 

CENSIMENTO INVERNALE DELL’AVIFAUNA NELLE STRADE DI PARIGI

Ecologia urbana - XIX (2) 2007: 23-25 

Il s’agit de réfléchir à l’usage des transects pour rendre compte de l’avifaune d’une ville. M.Dinetti avait présenté dans un numéro précédent le résultat de ses transects dans plusieurs villes italiennes en hiver. J’ai comparé mes résultats à Paris aux mêmes dates avec ceux de M.Dinetti : on retrouve 7 espèces en commun dans les listes des 13 espèces les plus rencontrées (Pigeon féral, Moineau domestique/italien, Etourneau, Corneille noire/mantelée, Pie, Merle, Mésange charbonnière ) . En Italie, trouve en plus des espèces hivernantes (Rougegorge, Fauvette à tête noire, etc.). A Paris, on remarque  en revanche l’importance du Pigeon ramier et de la Mouette rieuse.Mais ces résultats sont-ils représentatifs de la ville ainsi étudiée ? Je montre à Paris la grande variabilité des résultats selon les quartiers : l’abondance des oiseaux varie de 1 à 6 selon le secteur,  la Mouette rieuse n’est importante que le long du canal St Martin, l’Etourneau est surtout présent là où il y a de vieux platanes avec des cavités et le Pigeon ramier là où il y a des Sophoras dont il consomme les graines.Quelle longueur doit avoir un transect pour que ses résultats soient représentatifs de la ville ? Pas encore de réponse, pour Paris en tout cas….

Pour avoir une autre illustration du problème , vous pouvez aller voir aussi les comptes que j’ai réalisés en Italie cet été en cliquant ici….

17:15 Écrit par Fr dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/10/2007

Les oiseaux de Paris ont une histoire....

Histoire des oiseaux nicheurs de Paris

F.Malher & G.Lesaffre 2007 Alauda 75(3) : 309-318 

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Ce papier sert d'introduction au  futur Atlas des oiseaux nicheurs de Paris (à paraître en 2009).

A l'aide d'une revue la plus complète possible de la bibliographie, nous avons d'abord  précisé ou rectifié l'histoire de certaines espèces : à Paris intra-muros, le Rougequeue noir n'existe que depuis le début du 20ème s. , le Crécerelle a sans doute disparu entre 1850 et 1950, la Hulotte n'existe que depuis 1940, la Corneille ne niche que depuis 1960 environ, etc.

La richesse spécifique a baissé au 19ème siècle avec sans doute un minimum vers 1920 et a augmenté depuis pour dépasser assez nettement la richesse de départ !

Il y a eu un renouvellement spectaculaire des espèces, les espèces de milieux ouverts, migratrices, insectivores nichant près du sol étant remplacées par des espèces forestières, sédentaires, opportunistes nichant en hauteur ou dans des cavités.

La comparaison avec d'autres capitales européennes (Londres, Bruxelles, Berlin) montre une richesse spécifique comparable (si on se limite aux centres vraiment urbains de ces villes) avec des histoires souvent proches (implantation des corvidés, du crécerelle, de la bergeronnettes des ruisseaux, etc.). Il y a cependant quelques différences, en particulier l'absence (provisoire ?) d'oiseaux exotiques féraux à Paris et la faiblesse de la représentation des espèces aquatiques.

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04/07/2007

 Le moineau à Paris

The House Sparrow in Paris : a centre of persistence ?

Malher Frédéric 2006

24th International Congress of Ornithology - Hamburg 2006 (poster)

Journal of Ornithology 147(5) : p.207

 

Un comptage régulier des oiseaux rencontrés dans 5 secteurs de rues parisiennes situées dans le quart N-Est de Paris, uniquement les WE, pendant 4 ans, permet de préciser certaines préférences écologiques du moineau à Paris : il recherche les rues avec des buissons, avec des arbres - surtout s'ils sont âgés - , mais fuient la circulation trop intense. De plus ils sont nettement plus nombreux dans les quartiers populaires par rapport aux quartiers chics.

Charmeur Montmartre red

Les effectifs notés chutent brutalement entre mi-août et mi-septembre avant d'augmenter progressivement pendant l'hiver : dispersion des juvéniles ? vers où ?

Même si l'écart de temps est insuffisant pour être affirmatif, il n'y a aucun signe de baisse importante des effectifs, certains secteurs sont même en augmentation, sans que cela soit forcément représentatif de l'ensemble de Paris....

 

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30/06/2007

Les oiseaux des rues parisiennes

Utilisation des rues parisiennes par les oiseaux en période de nidification.

F.Malher 2004

29ème C.F.O. (poster, non publié)

Présentation de la méthode (transect dans les rues, 21 tronçons regroupés en 5 secteurs).

Présentation des résultats de 2 ans de résultats (2003-2004) :

-30 espèces observées dont 18 régulières

-sous-représentation des oiseaux nichant au sol ou dans les buissons

-plus grande richesse spécifique mais pas plus grande densité dans les secteurs périphériques (certaines espèces évitent le centre de Paris)

-effet positif de la présence des buissons et des arbres, surtout s'ils sont âgés

-effet négatif de la densité du b^patis et d ela circulation automobile

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26/06/2007

Leuciques ou albinos ?

Le leucisme : des oiseaux qui se déguisent.

Malher F. 2004

L'Oiseau-Magazine n°76 : 46-55

Grâce aux nombreux internautes qui m'ont transmis leurs observations et à la bibliographie (malheureusement non publiée dans l'article), j'ai rassemblé une abondante liste d'observations d'oiseaux leuciques (au sens large) en France.

L'étude de la fréquence du phénomène donne des idées sur les différences selon les milieux et les espèces, mais aussi les différences avec le Royaume-Uni.

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(photo F.Grunert)

cliquer pour agrandir

 

 

 

Les différentes causes du leucisme sont analysées, principalement génétiques (récessives ou liées au sexe), mais aussi alimentaires et à cause de l'âge.

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(photo J Dos Santos)

cliquer pour agrandir

Le comportement des oiseaux leuciques et surtout des "normaux" face aux leuciques est plus varié que l'on pouvait le penser : indifférence ou rejet plus ou moins brutal, parfois la reproduction est possible, plusieurs cas sont décrits.

Le problème de la longévité des oiseaux leuciques est ensuite abordé : est-il vrai que les leuciques ont une espérance de vie spécialement courte ? La réponse dépend des espèces !  

 

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23/06/2007

 Des nids à roulettes...ou à hélice !

  Les nids baladeurs

Malher F. (2002 )

Aves 39 (3/4) : 199-202

J'ai relevé dans la bibliographie et surtout dans des témoignages sur les listes de diffusion sur Internet 21 cas de nids construits sur des supports mobiles, soit sans changer de lieu (grue, téléphérique), soit - plus souvent - en changeant de lieu, parfois sur de grandes distances (véhicules automobiles, bateau).

Les hirondelles (5 espèces) et le rougequeue noir semblent les plus attirés par le voyage....Le record est détenu par une hirondelle qui a niché sur un bateau entre le Danemark et...l'Islande !

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22/06/2007

Les Corneilles "à bandes blanches"

Les corneilles "bigarrées" Corvus corone en Europe

Malher F. 2003

Alauda 71(3) : 317-323

présenté au 28è CFO de Namur (Belgique) et résumé dans Aves 42(1-2) :184-185

Parmi d'autres types de leucisme, on trouve chez les corneilles une forme assez particulière : des zones blanches, surtout sur les rémiges et les rectrices, symétriques, qui prennent l'aspect de bandes alaires chez les immatures.

Corneille leucique 2 Londres fev07 red et retaillée

Grâce à la bibliographie et surtout aux listes ee diffusion sur Internet, j'ai rassemblé de nombreux cas en Europe du N-ouset et en Amérique du Nord.

Ces zones claires apparaissent dans le même ordre que la croissance des plumes après la mue. De plus elles sont souvent associées à des "barres de faim" ("hunger traces"). Enfin, ces zones disparaissent après la mue si on nourrit correctement les oiseaux. Il s'agit donc d'une carence alimentaire et non d'un meucisme génétique.

Corneille gordini rémiges hunger-bar2 red

(cliquer pour agrandir)

Je propose une cause possible : le blé (et donc le pain) contient beaucoup moins de lysine (un acide aminé indispensable) que la viande et cette carence produit des zones blanches chez des poussins artificiellement carencés. Il est donc hautement probable que ces corneilles "bigarrées" paient leur changement d'habitude alimentaire qui leur fait préférer le pain donné "généreusement" par des humains à la viande difficilement trouvée en capturant des proies...

10:14 Écrit par Fr dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |