13/09/2008

Comment compter les oiseaux en ville ?

Que mesurent les itinéraires-échantillons urbains ?

Communication au 31ème Colloque francophone d’ornithologie – Paris déc 2007 (non publiée)

 

La plupart des méthodes d’estimation des populations d’oiseaux nécessitent beaucoup de temps pour obtenir une densité absolue (quadrat) ou un milieu homogène pour calculer des valeurs relatives (IPA, IKA).

J’ai choisi de faire des itinéraires-échantillons, dans un quartier central de Paris, un quartier périphérique et un transect reliant la périphérie au centre, en notant tous les contacts avec des oiseaux posés ou en vol en-dessous de la ligne des toits, uniquement les jours de WE dès le lever du soleil.

Le but de cet exposé est de discuter de ce qu’on peut tirer des résultats obtenus : en effet des comparaisons exactes ne sont possibles que si la détectabilité de l’espèce est constante.

C’est évidemment ce qu’on peut supposer pour des comparaisons de la même période plusieurs années de suite. On peut donc estimer l’évolution d’une espèce dans le temps, mais aussi, par l’étude de corrélations, de se demander si l’évolution d’une espèce  a une influence sur celle d’une autre espèce : nous prenons l’exemple de la Corneille qui ne semble pas faire diminuer la Pie.

Pour les cycles annuels, il faut être plus prudent : certaines espèces ont une détectabilité qui varie beaucoup au cours de l’année, à cause des chants printaniers et du silence estival  (ex : Accenteur mouchet) . Pour d’autres espèces (Mouette rieuse, Canard colvert), les variations observées correspondent aux variations réelles de population, ce qui permet de suivre passages et hivernage. Pour la plupart des espèces, il faut être prudent dans l’interprétation  des courbes !

Si on veut étudier l’influence du milieu sur la répartition d’une espèce, il faut comparer des secteurs différents : les différences entre les rues (largeurs, hauteur des bâtiments ) peut modifier les résultats et donc on ne peut mettre en évidence que des différences flagrantes, mais on ne peut pas utiliser des tests statistiques pour tester la valeur des résultats. Cela nous a permis quand même de prouver l’importance du trafic automobile et de la présence de buissons sur la densité de moineaux.

En revanche il est quasiment impossible de comparer la densité d’espèces différentes en raison de leur détectabilité et habitudes souvent trop différentes. On ne peut pas non plus en tirer un indice de la population totale d’un secteur.

18:17 Écrit par Fr dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |