22/09/2015

Les oiseaux nicheurs de Paris

Les oiseaux nicheurs de Paris entre 2009 et 2014,

Frédéric Malher

Le Passer, vol 48-15 (2015), 6-15

 

Depuis la fin du travail de terrain de l’atlas(2008), la situation des espèces nicheuses dans Paris intra-muros a notablement évolué : 

- six nouvelles espèces ( Cygne tuberculé, Bernache du Canada, Faucon pèlerin, Foulque macroule, Hirondelle de rivage et Rougequeue à front blanc ) ont niché dans Paris

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La petite famille née à la Villette en 2014

- au moins trois espèces sont devenues plus nombreuses qu'avant 2008 ( Epervier d’Europe, Gallinule poule-d’eau et Perruche à collier.

- cinq n’ont pas été retrouvées comme nicheuses probables ou certaines depuis 2008 (principalement des espèces irrégulières de 2005 à 2008) 

- peut-être plus inquiétant, une dizaine d'espèces ont marqué un recul visible depuis 2008 (dont la Chouette hulotte, le Pic épeichette, le Serin cini, le Gobemouche gris, etc.), voire ont disparu, comme le Moineau friquet après 2010.

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07/09/2013

Les quatre premières années de l'épervier nicheur à Paris

 

L’IMPLANTATION DE L’EPERVIER D’EUROPE Accipiter nisus DANS

PARIS INTRA-MUROS

 

Yves Gestraud et Frédéric Malher

LE PASSER, vol. 46 (2012) : 12-23

 

Les observations d’éperviers dans Paris intra-muros se sont multipliées au début du 20ème siècle, principalement en hivernage et aux passages. L’espèce a été trouvée nicheuse pour la première fois en 2008, en 3 endroits de Paris : 2 parcs (Montsouris et Buttes-Chaumont) et un « bois » d’un hectare situé au centre de la BNF. Depuis il a été trouvé nicheur dans 4 autres endroits (avant 2013), dont certains ne comportaient que quelques arbres au centre d’une cour intérieure !

 

Eperviers Buttes Chaumont 01 juillet 2011 compressée.jpg

Le nid des Buttes-Chaumont en 2011(photo Y.Gestraud)

Cette implantation s’est faite dans la suite des quatre villes européennes. Comme ailleurs, l’espèce niche en moyenne plus haut, sur des essences variées, avec un succès reproductif au moins aussi élevé qu’à la campagne .

Fort logiquement, le nombre d’observations entre mars et mai a beaucoup augmenté, mais pas l’hivernage.

Les conséquences à long terme de cette implantation sont évidemment à surveiller, que ce soit l’évolution de la population d’éperviers ou celle des espèces-proies.

 

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25/11/2012

Urbanisation en milieu steppo-désertique

Conférence prononcée au 2ème Colloque International d'Ornithologie Algérienne

Oum el Bouaghi 18-19/11/2012

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L’écologie  urbaine est  désormais considérée comme un chapitre à part entière de l’écologie et l’ornithologie urbaine en est souvent le fer de lance. L’avifaune s’est en effet adaptée (et continue de le faire) aux nouveaux milieux créés par l’Homme dans le milieu urbain et on commence à en comprendre les mécanismes et les conséquences en milieu tempéré. Cet exposé vise à suggérer de vérifier si les mêmes phénomènes ont lieu quand les villes sont situées en milieu steppique ou désertique.

Dans les régions à climat tempéré et  à vieille tradition urbaine, on a pu montrer que le milieu urbain attirait une avifaune souvent plus dense mais moins variée que le milieu rural, avec quelques espèces dominantes. De nombreuses études ont en effet été faites le long de gradients d’urbanisation croissante. La richesse spécifique diminue au fur et à mesure qu’augmente la proportion de surface bâtie. La densité d’oiseaux nicheurs augmente souvent de manière impressionnante ( plus de 600 couples/ha dans un parc dijonnais par exemple). Quelques espèces ( Pigeon biset féral, Moineau domestique, Pigeon ramier, Merle, Martinet noir et Etourneau pour Paris ) représentent plus de 80 % du total des effectifs nicheurs. Autre caractéristique : l’avifaune urbaine n’est pas un échantillon représentatif de l’avifaune environnante. Certaines caractéristiques sont favorisées : ce sont principalement des espèces d’origine rupestre ou forestière, omnivores et/ou opportunistes et sédentaires. Les nicheurs en site élevé sont plus représentés que les nicheurs proches du sol. De manière générale, les espèces   « urbanophiles » sont plus plastiques en terme d’alimentation, de nidification, d’exigences écologiques et de comportement, souvent très tolérant vis-à-vis de l’Homme, que les « urbanophobes ».  La ville est aussi plus accueillante aux espèces exotiques que la campagne. Dernière caractéristique : l’urbanisation des oiseaux est un phénomène qui se poursuit sous nos yeux. Le nombre d’espèces a augmenté régulièrement en centre ville depuis le milieu du 20ème siècle au moins et continue de la faire en ce début de 21ème siècle.

 

 En zone steppique ou désertiques, le problème n’est pas obligatoirement le même car la zone périurbaine, en raison du climat, présente souvent une faible disponibilité nutritionnelle et donc une richesse spécifique et une abondance assez faibles. Les « règles » établies en zone tempérée sont-elles encore valables quand le climat devient plus rude ?

 

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Des études ont été menées par exemple aux Etats-Unis, dans les régions sèches de l’Arizona en particulier. Le paysage correspond souvent au milieu steppique qu’on peut trouver sur les Hauts-Plateaux algériens. Cependant, il n’est pas évident que l’urbanisme soit du même type qu’en Algérie. Ces études ont montré que dans certains cas, non seulement l’abondance mais aussi la richesse spécifique étaient augmentéee en zone anthropisée, même si la densité du bâtis avait le même effet délétère sur la biodiversité : ce sont les zones périphériques des villes - modérément urbanisées - qui sont les plus riches en oiseaux, car elles comportent souvent une végétation plus abondante que les zones naturelles ou agricoles périurbaines.

En Afrique du Nord, des études ont porté sur les oasis. Deux facteurs principaux ont été mis en évidence pour rendre compte de la biodiversité aviaire : le type de pratiques agricoles appliquées dans l’oasis et sa localisation géographique, spécialement son éloignement des sources de colonisation potentielle.

Il ne semble pas que des études portant spécifiquement sur la structure des populations d’oiseaux des villes en milieu steppo-désertique aient été réalisées en Afrique du Nord. Il serait sans doute intéressant de s’y lancer, d’autant plus que les méthodes à appliquer ne nécessitent pas de moyens trop importants : elles reposent essentiellement sur les descripteurs de la végétation et les indices ponctuels d’abondance pour les oiseaux.

Eléments bibliographiques utilisés

( pour une bibliographie plus détaillée, voir Malher 2010 )

Barbault R., S. Selmi  et T. Boulinier  (2002) Richness and composition of oasis bird communities: spatial issues and species-area relationships  The Auk 119 n°2 (2002) 533

Bock, Carl E., Zach F. Jones, et Jane H. Bock (2008). The oasis effect: response of birds to exurban development in a southwestern savanna. Ecological Applications 18:1093–1106.

Green D.M. et M.G. Baker (2003) Urbanization impacts on habitat and bird communities in a Sonoran desert ecosystem. Landscape and Urban Planning  63 ( 4), pages 225–239

Malher F.(2010) La biodiversité aviaire en ville : les oiseaux en ville, une surprise qui s’explique… Alauda 78 (4),pp 297-306

Malher F. et G.Lesaffre ( 2007) L'histoire des oiseaux nicheurs à Paris. Alauda 75 (3) : 309-318

Malher F., G.Lesaffre, M.Zucca et J. Coatmeur( 2010 ) Oiseaux nicheurs de Paris - Un atlas urbain . Corif. Delachaux et Niestlé. Paris . 240p.

Mills G.S., JB Dunning Jr et JM Bates (1989) Effects of urbanization on breeding bird community structure in southwestern desert habitats- Condor,Vol. 91, No. 2, pp 416-428

Selmi S. et T. Boulinier (2003) Breeding bird communities in southern Tunisian oases: the importance of traditional agricultural practices for bird diversity in a semi-natural system. Biological Conservation  110 (2) Pages 285–294

Woodward  I.  et R. Arnold (2012) The changing status of the breeding birds of the Inner London area. B. Birds 105, pp 433–457

 

 

14:48 Écrit par Fr | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/01/2011

La biodiversité aviaire en ville

Les oiseaux en ville : une surprise qui s’explique

Alauda 78(4), 297-305

 

 

Dans le cadre d’un numéro spécial d’Alauda consacré à la biodiversité, j’ai essayé de faire le point sur les grandes lignes de l’ornithologie urbaine.

Après un rapide historique des travaux d’ornithologie urbaine dans le Monde et en France (beaucoup plus tardive que les autres pays….), j’ai d’abord voulu montrer que l’augmentation de la richesse spécifique en ville est un phénomène général qui s’est particulièrement révélé depuis 1950 environ et qui se poursuit actuellement. Cependant, à un instant donné, cette richesse spécifique diminue quand augmente  le degré d’urbanisation. Les peuplements urbains peuvent atteindre des densités plus importantes qu’en milieu non urbain, mais c’est surtout grâce à la présence de quelques espèces dominantes ( Moineau domestique, Pigeon féral, Pigeon ramier, Merle).

Goéland couple rue_de_Rennes red.jpg

Le Goéland argenté a trouvé sur les toits parisiens (ici près de la gare Montparnasse) un substitut à ses falaises d’origine !

Les espèces qui s’adaptent à la ville sont essentiellement sédentaires, opportunistes en terme d’alimentation, d’origine forestière ou rupestre et nichant haut ou dans des cavités entre autres caractéristiques.

Le milieu urbain a des caractéristiques (température, éclairage, bruit, etc.) qui explique la nécessité d’un certain nombre d’adaptations chez les espèces urbaines : quelques exemples sont présentés.

Les deux mécanismes d’urbanisation possibles sont exposés, même s’il semble bien que le modèle proposé par Tomialojc pour le Pigeon ramier semble mieux rendre compte de la réalité que l’apparition de mutations « urbaines » qui se seraient transmises de ville en ville.

L’importance de la présence d’une biodiversité en ville est discutée en guise de conclusion.

16:19 Écrit par Fr | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/09/2010

Trois publications le même jour !

Il est des jours où l’actualité se précipite : aujourd’hui j’ai reçu par la poste ou le Net , 3 articles ou note qui viennent d’être publiés !

Le Moineau domestique Passer domesticus à Paris : résultats de 5 ans d’enquête

Malher F., Jiguet F., Julliard R., Maintigneux P., Mor S. et Riabi T.

Alauda 78 (3), 2010 : 217-224

 

C’est la publication « officielle » des résultats des 5 premières vagues de comptage du Moineau domestique qui avaient été rendus publics par le Corif et la LPO en mai 2009 et dont j’ai déjà rendu compte dans un autre chapitre de ce blog, auquel je ne peux que renvoyer :

http://lesoiseauxenville.skynetblogs.be/archive/2008/05/index.html

 

 

L’urbanité des oiseaux

F.Malher et J-F Magne

Ethnologie française, XL,2010, 4, p. 657-667

 

La revue Ethnologie française (publiée par l’Institut des Sciences Sociales et Humaines du CNRS aux PUF) a consacré un numéro spécial aux «  Natures urbanisées » qui regroupe un certain nombre de contributions à un colloque consacré à la question de la Nature en ville. J-F. Magne y avait parlé au nom du Corif des oiseaux urbains et m’a demandé d’écrire un texte à partir de son intervention.

Après avoir insisté sur la présence plus importante qu’on le croit souvent des oiseaux en milieu urbain, nous présentons les divers milieux que peuvent habiter les oiseaux en ville (parcs, friches, bâtiments, cours d’eau, …). Nous profitons de la description du cycle annuel pour présenter quelques espèces d’oiseaux qu’on peut trouver en ville.

Nous abordons ensuite les aspects de la vie des oiseaux qui peuvent être touchés par des adaptations au milieu urbain (site du nid, régime alimentaire, rythme de vie, méfiance vis-à-vis de l’Homme).

Nous essayons ensuite d’expliquer par quel mécanisme une espèce d’oiseau peut s’établir en ville, en profitant de ses avantages et en résistant à ses inconvénients.

Nous terminons en présentant le rôle des associations pour faire découvrir et protéger l’avifaune urbaine.

 

 

Captures de Martinets noirs Apus apus par la Corneille noire Corvus corone corone… et vraisemblablement aussi par le Faucon crécerelle Falco tinnunculus .

F.Malher

NOS OISEAUX 57 : 195-196 – 2010

 

 A la suite d’un article de la revue suisse citant des captures de Martinets par des corneilles, j’ai rassemblé quelques observations (personnelles ou dont j’ai eu connaissance) de captures ou de tentatives à Paris ainsi qu’un cas de capture probable d’un martinet par un Faucon crécerelle.

19:21 Écrit par Fr | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/05/2010

L'Atlas de Paris

Le 15/4/2010 est donc enfin sorti "Les oiseaux nicheurs de Paris-Un atlas urbain", publié chez Delachaux et Niestlé. C'est le résultat de 4 ans de travail sur le terrain (2005-2008), éffectué par 60 bénévoles.

Atlas plat1

Extraits du sommaire :

Histoire de Paris

-L'atlas sur le terrain

- Sources historiques

-Monographies (60 espèces)

-Bilan de l'atlas

-Espèces non nocheuses ou exotiques non férales (100 espèces)

-Liste des oiseaux observés dans Paris intra-muros

-Les hauts-lieux de l'ornithologie parisienneQuelques idées pour préserver la biodivrsité à Paris

-Les oiseaux à la conquête de la Ville

Atlas plat4

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08/01/2010

L'Atlas des Oiseaux Nicheurs de Paris au 33ème CFO

Les 5 et 6 décembre 2009 s'est tenu le 33ème Colloque Francophone d'Ornithologie à la Bibliothèque nationale de France à Paris. J'ai pu y présenter quelques éléments tirés de l'Atlas des Oiseaux Nicheurs de Paris, réalisé sous l'égide du CORIF (Centre ornithologique d'Île de France) à paraître en avril prochain chez Delachaux et Niestlé.

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Evidemment je n'ai pas pu m'empêcher de citer les résultats les plus spectaculaires obtenus au cours de l'enquête qui a duré de 2005 à 2008 : les découvertes de la nidification de 2 espèces totalement inattendues (Martin-pêcheur et Rousserolle effarvatte) et d'une espèce qu'on espérait bien trouver : l'Epervier d'Europe !

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Mais l'idée était surtout de montrer qu'on pouvait tirer des enseignements intéressants sur l'adaptation des oiseaux à la ville, adaptation qui touche en particulier les sites de nidification et les sources de nourriture, mais aussi sur le calendrier et les mécanismes de cette installation en ville. L'arrière-pensée était de convaincre les ornithologues des autres villes de se lancer aussi dans un travail d'atlas urbain...

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